Mercredi 10 septembre 2008
Auprès des lépreux en Inde, Fanny Decreuze affrontait la misère au quotidien du haut de ses 21 ans. Trois ans plus tard, elle intégrait la
filière des gardes armés chez Securitas. A 28 ans, elle a été recrutée au sein d’Investigations Services, pour des missions d’infiltrations en vue du G8. Dès lors, elle s’est fait appeler Shanti
Muller.
Sa vraie identité circule sur internet. Fanny Decreuze, la taupe de Securitas qui a infiltré le Groupe anti-répression de Lausanne (GAR) et les milieux altermondialistes entre 2003 et 2005,
figure déjà dans Facebook comme une «espionne», faisant un «sale boulot» mais aimant bien fouiller. Aux personnes qu’elle côtoyait alors, elle se présentait sous le nom de Shanti Muller. Elle
racontait venir d’une famille de coopérants français, avoir été scolarisée chez les bonnes sœurs et avoir appris le maniement des armes à Djibouti. Elle se serait enfuie en Inde avec son amoureux
tatoueur, y aurait fait du travail humanitaire avant de se faire expulser pour avoir trafiqué des visas. Tout n’est pas faux dans ce portrait de couverture.
D’un physique solide, maligne et débrouille, elle avait apparemment tous les atouts pour monter en grade. Ayant fréquenté l’Institut de lutte contre la criminalité de Neuchâtel, elle a suivi
plusieurs formations en Suisse et à l’étranger, notamment en Israël. Spécialiste en intelligence économique, elle a été recrutée au sein d’Investigation Services en 2003, comme d’autres
agents et anonymes, pour des missions d’infiltration en vue du G8.
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Par IEETTI
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Publié dans : Conjoncture
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